La CMU en Afrique

Bien que le droit à la sécurité sociale et à la santé soit bien établi dans le droit international, l’accès aux soins constitue toujours une préoccupation en Afrique.
Conscients de cette faiblesse et urgence, les Etats membres de l’Union Africaine s’étaient engagés en 2001 à allouer au moins 15% de leur budget national à la santé, à travers la Déclaration d’Abuja. Seuls 8 d’entre eux ont pu atteindre cet objectif à la fin de l’échéance en décembre 2015.
(http://www.ppdafrica.org/docs/policy/abuja-f.pdf)

Ces résultats affectent le niveau et la qualité des prestations de santé ainsi que les systèmes de santé dans nos pays ; l’Afrique peine encore à assurer une assistance maladie à sa population.
Aujourd’hui un vaste mouvement se dessine et se confirme dans plusieurs pays africains pour faire face à cette situation.
Beaucoup de pays africains ont mis en place un Programme de Couverture Maladie Universelle, au cours de ces dernières années, afin de rendre les soins de santé accessibles à tous. Le Ghana et le Nigéria, ont eu le mérite d’avoir lancé leur programme avant l’adoption de la résolution onusienne ; ensuite, le Rwanda (Juillet 2007), le Bénin (décembre 2011), le Sénégal (septembre 2013), la Côte d’Ivoire (décembre 2014) ont suivi.
Parmi ces pays, l’expérience du Rwanda est présenté comme le modèle ayant le plus réussi dans la prise en charge des soins de santé de base.
Comment ce pays a t ‘il pu relever ce défi ?
En adoptant une loi
En Juillet 2007, le Rwanda a adopté une loi obligeant toute la population à adhérer à une assurance maladie. Aujourd’hui, le taux d’adhésion aux mutuelles de santé et autres assurances privées atteint 98%. Les prestations de services ont plus que doublé et l’espérance de vie est passée de 48 à 52 ans en moins de dix ans, avec le projet pilote des mutuelles de santé au Rwanda qui a démarré en 1999 dans trois districts.
En faisant de la Mairie un relais de l’Etat
Le succès de leur travail est renforcé par la signature du ‘’contrat de performance entre les élus locaux et le Président de la République’’. Dans ce contrat, les maires s’engagent à mettre en application tous les objectifs du gouvernement. Un contrôle strict dans tout le pays accompagne cet acte.
En rendant accessibles les services sanitaires
Le taux d’adhésion dépend de l’accessibilité des services sanitaires. Plus la population est proche des centres de santé ou des hôpitaux, plus elle est motivée. En vue d’augmenter le nombre d’adhérents aux mutuelles de santé, le gouvernement rwandais a fait beaucoup d’efforts dans la construction d’hôpitaux, de maternités et de centres de santé. D’après le rapport des activités du gouvernement publié sur le site de la primature rwandaise, entre 2003 et 2009, 8 nouveaux hôpitaux, 75 centres de santé et 2 maternités ont été construits. Selon les mêmes sources, les services sanitaires ont été renforcés par plus de 10.300 agents. Ainsi, le Rwanda est passé de 1 médecin pour 50.000 habitants en 2003 à 1 médecin pour 18.000 habitants en 2009.
En rendant le crédit accessible aux plus pauvres
Les frais d’adhésion aux mutuelles de santé sont élevés par rapport au pouvoir d’achat de la population rwandaise. Le Gouvernement rwandais et les ONG prennent en charge 27% de la population, un taux qui ne couvre pas toutes les personnes vivant dans la pauvreté extrême (37%). Pour aider la population, la banque populaire, qui est représentée dans tous les districts, a accordé des crédits à un taux d’intérêt très minime par rapport aux banques commerciales. Les bénéficiaires de ces prêts remboursent la banque lors de la récolte.

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